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Castration

décembre 13, 2019

Bizarre! Je suis venu au monde à reculons. Deux hernies et un nombril qui refusait de se cicatriser. Comme si je n’avais jamais voulu vivre.

D’ailleurs, de mon enfance, je ne me rappelle que de sensations. La peur née de mes cauchemars et la douleur de mes maux de jambe.

J’étais un peu comme un autiste. Dans mon scénario, je me sentais isolé.

J’ai sans doute été marqué vers deux ans par la mort prématurée de ma sœur aînée d’une année, Ti-Pitou, comme l’appelait maman.

Une gardienne m’a raconté que l’on a dû me faire garder parce que j’essayais toujours de lui faire manger des bananes dans son tombeau. Je ne m’en rappelle évidemment pas, mais j’ai dû très profondément l’aimer.

Je me suis demandé bien plus tard, si la mort de ma sœur n’avait pas créé chez moi une peur bleue de la castration. Est-ce que j’ai cru que Mariette était morte parce que c’était une femme? Je n’en sais rien, mais cela expliquerait bien des choses.

À l’école, en première année, j’étais tombé amoureux de mon institutrice. Un jour, elle me garda en retenue puisqu’elle voulait comprendre ce qui se passait avec moi. J’étais debout devant elle, je balançais le pied, jusqu’à ce que lui crie : toi, pis ton Camille, j’en ai assez! Et, je suis parti en courant.

Fou! J’étais déjà émotivement complètement déséquilibré. Je croyais tout ce que l’on disait.

Ayant appris qu’elle voulait se marier à Camille, je m’étais présenté chez le curé pour m’opposer à cette union. Ne disait-on pas que l’on pouvait empêcher un mariage pour de bonnes raisons. Je voulais simplement qu’elle m’attende parce que j’avais décidé que je voulais la marier.

À ma confirmation, j’ai dit à l’évêque qui nous demandait ce que l’on voulait devenir que je voulais être pape. Rien de moins.

La vie a été comme l’eau dans les chutes Niagara. Une descente si vivante, si vertigineuse, que je n’en ai jamais saisi le sens.

Sauf, que le sens de la vie est une accumulation d’informations. Nous sommes individuellement une goutte d’eau de l’océan du savoir universel. Nous vivons pour raconter vivre notre expérience particulière. Dans la singularité de notre espace-temps, tous se racontent mutuellement ce que leur vie nous a appris.

Cela ne veut pas dire que de notre vivant, il y a des gens pour nous écouter.

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