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Sortir de l’écriture donne une tout autre dimension à la vie. Quand j’écris un roman, je n’ai pratiquement plus conscience de ce qui se passe dans la société. C’est d’autant plus vrai que mes personnages, même s’ils naissent des informations que j’ai ramassées auparavant, sont souvent imaginés à 100 pour cent. J’adore inventer des mondes qui n’ont aucun rapport avec nos sociétés, mais qui en sont quand même une critique. Cet amusement est presque de l’autisme. La logique du développement se crée par les choix que je fais dans l’action qui se déroule. Ce fut le cas particulièrement dans l’Homo-vicièr et dans Les derniers amours de Platon. L’homo-vicièr partait d’une information dans mes cours de philosophie, soit le que le plus grand problème de l’homme de demain sera double : l’euthanasie et la surpopulation. Je voulais simplement dire que le meilleur moyen de lutter contre une surpopulation qui anéantira la race humaine est l’homosexualité. Les naissances sont rares dans ce cas. On s’en est servi au tribunal , en 1996,pour essayer de prouver que j’étais un militant antisocial, irréversible et décadent. C’est peut-être un peu vrai, mais follement exagéré. Il faut dire que j’ai publié ce livre en 1968 alors que l’on persécutait les homosexuels. Pour ce qui est des derniers amours (dans le sens de ses petits amants, d’où il n’y a pas de faute de français) de Platon, j’ai essayé de comparer notre monde actuel à celui de la Grèce antique. Je voulais faire le point sur le nationalisme vs la mondialisation. C’est pourquoi l’action se déroule dans la troisième partie chez les Amazones. Je lisais aussi, à cette époque, beaucoup de romans policiers. Virus, le personnage principal est persécuté parce qu’il est hétérosexuel , comme j’apprenais à vivre à me sentir haï par bon nombre de gens parce que je me suis créé la réputation de pédéraste. Tout est imagination dans ce livre (mais pas dans ma vie). J’ai adoré cette expérience. Aujourd’hui, de ma prison, j’arrive seulement à constater à quel point je suis un ignorant. La même réaction intérieure qu’au moment où je rencontrais des gars aussi brillants que les poètes Gilbert Langevin, Gaston Miron et Janou St-Denis.

juin 19, 2019
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