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Radioactif 456

août 5, 2022

Texte de 208, p. 828

Vendre le Québec ?         

Le discours de Christine St-Pierre, du PLQ, me fait peur.  Je ne sais pas de quelle planète elle vient quand elle nous parle de culture. 

Selon elle, la culture devrait appartenir au Québec. On est tous d’accord.  Il en était ainsi dans le projet avorté de réconciliation de Charlottetown (là, on a besoin de mémoire historique). 

Tous les Québécois ont refusé cette solution constitutionnelle parce que le Québec ne recevait pas assez de pouvoirs. On se sentait trahi par Bourassa, le père de la souveraineté culturelle.  Le Canada anglais vota aussi contre le projet de Charlottetown, mais parce qu’on en donnait trop au Québec. 

Mme St-Pierre devrait voir le pouvoir qu’elle a réellement au Canada en regardant la décision du CRTC quant à TQS. 

Que les fédérastes se le mettent dans la tête : il n’y a que trois solutions possibles : un Canada uni et anglais et/ou un Québec indépendant  français et laïc ou un Québec  maître absolu de sa langue et sa culture, donc, par conséquent, tout ce nourrit cette indépendance culturelle (langue, immigration, rapport avec les autochtones), mais à l’intérieur du Canada. 

Le Québec doit choisir de vivre en fonction de l’économie ou en fonction de son âme et de son identité ; la raison financière ou l’émotion.           

Les Anglophones nous perçoivent comme trop francophones juste à humer notre haleine.  Il est impossible de croire que le Québec occupera la place qui lui revient dans le Canada, s’il ne menace pas le Canada de séparation. 

Le Canada sait que nous existons qu’au moment où il croit que nous allons vraiment partir.  Comme un couple qui menace sans cesse de se séparer, mais qui finit toujours dans le même lit après s’être donné quelques bonnes claques sur la gueule.  Une situation de sadomasochiste.  Pas besoin d’être génial pour le constater, on a qu’à lire les rapports sur le bilinguisme pour comprendre.           

Dans les années 1970, on disait : l’indépendance pacifiquement ou autrement.  Et, le autrement faisait bouger les choses. 

Aujourd’hui, le autrement n’existe plus et on se fait déculotter à chacune de nos revendications.  Au cours des derniers quarante ans, notre attitude de mouton nous a fait perdre tout notre pouvoir de revendication.  Ce n’est pas étonnant, puisque même la ministre Courchesne nous dit que le drapeau du Québec est une guenille.  Le Conseil de langue française nous dicte comment se faire assimiler avec le sourire.  Le parti libéral s’apprête-t-il à essayer de nous faire avaler un rapatriement de la Constitution avec l’ADQ ?   C’est le résultat d’être trop à droite.               
 
Pierre Vallières a enterré définitivement le FLQ, parce que la violence nuisait au projet d’indépendance.  Et, il avait raison ; mais ne pas être violent ne veut pas dire être à quatre pattes devant Ottawa. 

Le Canada est fait à l’envers quant à la distribution des pouvoirs.  En créant une confédération, ce devait être les provinces qui cèdent des pouvoirs à Ottawa.  Mais, dès Riel, quand on a écrasé le rêve des Métis dans le sang, le Canada était devenu pour les financiers un état centralisateur.  L’argent prenait la priorité sur l’idéal d’un grand peuple, vivant en harmonie, dans le respect de chacun.  Le Canada a été créé dans le sang et a continué à s’imposer militairement (les mesures de guerre).    

Donc, on se ramasse avec un pacifiquement ou pas du tout, de notre côté, mais pas du leur. 

On n’a pas hésité de monter le coup de la Brinks pour démontrer notre ignorance en économie et nous faire peur.  Jean Charest a dit le contraire quand il pensait qu’on n’écoutait pas.  On continue à faire semblant que le Canada nous respecte, en ajoutant la culture.  Il suffit de prétendre qu’on est une nation (un mot coquille vide) pour nous redonner le sourire. 

  
La morale étrangle la liberté de pensée des Québécois et nous force à devenir de plus en plus américain, grâce aux émissions exportées des USA à la télévision.  Je suis tout à fait d’accord avec le pacifisme, mais on ne doit jamais accepter le viol de nos consciences, imposé par la droite religieuse.  J’ai le droit d’exister, même si je crois que la sexualité est une réalité extraordinaire.  Que le péché de la chair, c’est de la merde.  La peur sert à nous endormir.  Le premier geste des colonisateurs a toujours été de faire habillé les peuples découverts et qui vivaient nus.  

La violence engendre la violence et rien, sauf la liberté si elle est menacée, justifie l’emploi d’une certaine violence pour se défendre.  La meilleure des solutions politique serait une vraie Confédération, mais cette perspective a été nettement refusée par le Canada anglais, avec Charlottetown justement.  Pire, le rapport Allaire n’était pas déposé que le Canada anglais rejetait les propositions de l’ADQ.      
 
Il faut être conscient que le refus de notre appartenance au Canada ne vient pas de nous, mais du fédéral qui refuse de nous accepter tel qu’on est.             

Si le fédéral nous respectait, nous écoutait, il nous donnerait la maîtrise absolue sur notre culture, ce ne serait pas un problème de vivre à l’intérieur du Canada et même d’en être fier.  Le Québec dans une vraie confédération canadienne.  On respecterait en fait ce qu’on demandait dans le dernier référendum : le Québec est maître absolu de ses lois, de ses impôts et de signer des traités internationaux. 

Dans une vraie Confédération, le pouvoir passe par la province vers l’état central et non le contraire.  Ce serait possible, si le fédéral ne continuait pas à toujours nous refuser ces droits fondamentaux pour survivre.  Mais, être condamné à vivre comme si on est des lépreux parce qu’on est francophone, nous ne devons jamais accepter ça. 

Le fédéral a beau jeu, car il suffit de nous diviser pour obtenir la majorité nécessaire pour justifier le statut quo.   Le référendum n’a pas été battu seulement par les immigrants et l’argent ; mais surtout parce que les francophones qui, contrairement aux anglophones, ont voté « pour » à 68% seulement.  Les Anglophones le « non » avait plus de 90 pour cent d’adhérents.  Nous nous sommes fait harakiri et nous l’avons consacré en accusant Jacques Parizeau de racisme.  Y a deux accusations qu’on peut porter contre un Québécois sans que l’accusé ait le moindre mot à dire pour se défendre : raciste ou pédophile.  Si on veut la tête d’une personne, on a qu’à l’accuser d’un des deux et c’est automatique, la tête tombe.   

Si on veut avoir une souveraineté culturelle, il faut que ça inclue un minimum des minimums.  Notre culture ne peut pas survivre si nous n’avons pas : la culture, l’exclusivité sur la langue, l’immigration et les communications.  Et, jamais, jamais, le fédéral n’acceptera de nous remettre ces droits.  Il tente de nous les voler depuis la conquête.  Ce n’est pas prophétique, c’est juste un minimum de lucidité. 

Le fédéral a négocié tant qu’il a eu peur du FLQ.  Dès que le FLQ est disparu (bizarrement après l’enlèvement de Vallières), le fédéral a repris le dessus dans toutes les négociations.  Il n’avait plus raison d’avoir peur. C’est exactement ce qui se passe actuellement.  Harper n’a pas à se préoccuper plus qu’il le ne faut du Québec car l’ennemi, la séparation, n’est plus au rendez-vous.  Les gens de la région de Québec (qui ne peuvent pas digérer Montréal et qui sont demeurés de bons catholiques) voteront quand même pour lui.   

Si on ne se réveille pas, le Québec fera partie de la minorité francophone, mais cette minorité ne sera plus qu’hors Québec, mais elle sera nationale.   Si le Québec perd le combat culturel actuel, apprenons tout de suite l’anglais, c’est ça l’avenir des peuples qui n’ont pas assez de couille pour respecter leur identité. 

La souveraineté culturelle du Québec est d’une telle importance qu’elle est au-dessus de tous les partis politiques et de leurs stratégies. 

En ce sens, il est urgent que nos partis cessent de profiter des crisettes avec Ottawa et s’entendent sur un minimum vital à exiger d’Ottawa.  

C’est de l’indépendance à quatre pattes, mais c’est mieux que rien, car tant qu’on ne sera pas unis, nous serons de plus en plus faibles.    

Je me fous d’avec qui on va obtenir ces pouvoirs, il nous les faut, c’est tout.  Si Bourassa avait fait un référendum pour la souveraineté à la suite de Meech, j’aurais été le premier à voter pour lui, mais il a manqué de courage, comme Jean Charest aujourd’hui.      

Si le Québec ne s’affirme pas maintenant, il disparaîtra comme Pauline Julien le chantait… et ce sera de notre faute.          


Deuil

Il n’y aura pas d’autres articles aujourd’hui. Au cas où il y ait encore quelqu’un d’autrefois de Barnston qui me lise, j’aimerais souligner la mort de Gisèle Gauthier (c’était la plus vieille).  Ses funérailles ont lieu demain à Nashua.

Je dois ajouter que Lucille, Gilles et Denise sont aussi décédées. (4 août 2022). Les Gauthier vivent maintenant aux USA et selon ce que je sais, ils seraient tous gravement malades. Puisque je n’ai plus, depuis 1996, le droit de me rendre aux USA, je n’ai pas la chance de savoir ce qui se passe dans notre famille immédiate.  



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