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Radioactif 427

juillet 6, 2022

Radioactif 427

Texte de 2008, p. 747

Registre sexuel.    

J’ai fait parvenir la lettre suivante à M. Mario Dumont, chef de l’Action démocratique du Québec concernant l’obsession d’une de ses députés, à propos du registre sexuel qu’elle voudrait public.  

Selon mon expérience personnelle, je sais que la lutte aux pédophiles est directement liée aux bonnes œuvres (mœurs) de la pègre.  Instaurer un registre permanent public des prédateurs sexuels, ce n’est pas seulement permettre d’organiser un Klux Klux Klan de la pédophilie ; mais c’est fournir tous les éléments nécessaires pour créer une industrie du chantage ou du lynchage.   

Un tel registre permettra à la pègre de faire chanter n’importe quelle personne accusée de crime à caractère sexuel, violent ou non violent ; reconnue coupable ou non coupable.  

Puisque l’on peut plus difficilement tuer ou te mener au suicide en prison, grâce aux sections protégées, on essaie maintenant de déménager le terrain de la vengeance en dehors des murs.  Un retour à ce qui se passait dans les années 1950 alors que l’Église dominait nos consciences. 

Tant que la sexualité sera vue comme un péché, comme de la luxure, nous aurons à subir l’intolérance des gens incapables de s’accepter dans leur réalité  d’ «être sexué». 

La morale qu’on nous impose est non seulement paranoïaque, mais un viol de conscience.  On a le droit de croire que la sexualité est bénéfique.  Si c’est tout ce que l’Action démocratique du Québec a à nous offrir, le retour à l’époque des cavernes, ce fut une erreur que de lui avoir fait confiance et il serait urgent que l’on s’en débarrasse. 

Si vous voulez vous attaquer à de vrais problèmes, il y a le système — une mafia universelle – les drogues qui sont la principale cause du haut taux de maladies mentales et du décrochage scolaire. 

Quand vous pourrez me prouver que c’est dommageable de regarder des corps nus, que ça crée plus de problèmes que le jeu et les présentations violentes qui noient la vie des jeunes, je croirai que ces croisades pour la pureté sont utiles. 

En attendant, je pense que ma névrose est préférable à votre psychose. 

L’hypersexualisation.

L’hypersexualisation des filles est un faux problème créé par des féministes arriérées, dépassées, qui ne peuvent pas acceptées d’être sexuées et qui, comme les curés, voudraient interdire aux plus jeunes le plaisir qu’elles ne peuvent pas s’offrir.  Une projection de leurs propres peurs. 

On prétend que les jeunes sont plus sexués que nous.  Je l’espère.  Nous vivions dans une société totalement rétrograde, aliénée par une religion qui ne pensait qu’au sexe à interdire, tellement scrupuleuse que ça la rendait vicieuse.  Il ne fallait jamais parler de sexe.  Il ne fallait même ne pas y penser.  Comme si c’était normal de ne pas se sentir. 

Juste entendre dire le mot «petite culotte» et certaines perdaient conscience.  Il ne fallait pas dire «bander», parler des  » gosses ou de la picette  » ; fallait même pas y penser, car c’était déjà un péché mortel.  En parler est même devenu un sujet pour les causes de harcèlement sexuel.  Une vraie folie collective. 

Pas étonnant que des femmes intelligentes se soient levées et aient exigé d’être maîtres de leur corps, avoir le droit à l’avortement, avoir le droit de jouir sans procréer.  En même temps, certains gars sont sortis du placard pour affirmer qu’on peut être gai sans être malade mental. 

Les moumounes combattaient l’homosexualité sous prétexte de défendre les jeunes contre ces monstres.   La libération sexuelle était en marche.  Les monstres sont les chastes cerveaux qui refusent le plaisir.

De la peur obsessionnelle, on est passé à la liberté «at large», jusqu’à ce que l’on réalise que la liberté c’est aussi une forme de responsabilité.   D’autant plus, que le système venait d’inventer le sida pour permettre à la main de Dieu de punir les récalcitrants. La liberté, le plus grand don de Dieu, qu’on disait, prenait des airs de mort lente et affreuse.  Mais, pour être libre, il faut avoir le choix.  Il faut être autonome.  La liberté est un très long apprentissage.        

Quand j’étais jeune, il y avait les mouvements religieux pour nous apprendre à ne pas boire : « les Lacordaire « .   J’y ai adhéré bien saoul.  L’interdit total est la plus grande des incitations.  La religion avait cependant un côté très positif, elle nous apprenait à avoir un idéal, un rêve à réaliser dans la vie, un but, un sens.  Mon premier but fut la révolution. 

Les Québécois se faisaient plumer par les fédérastes.  Avec le temps, j’ai compris que la révolution est simplement de travailler à améliorer le sort des humains sur cette terre ; les droits de la personne. 

La violence ne sert pas la révolution, au contraire, elle permet seulement de mettre d’autres exploiteurs au pouvoir.  La vie m’a appris que pour te fermer la gueule quand t’es un journaliste qui crie trop fort, il suffit de t’accuser d’un geste sexuel pour y arriver.  J’étais trop émancipé pour ne pas y avoir droit.

Mais, parfois, il faut passer par là pour voir clair.  Il y a une différence entre celui qui te frappe pour te violer et celui qui t’enjôle parce qu’il est ébloui par ta beauté.  Le mécanisme de l’amour est bien différent de celui de la violence ; mais notre société n’en tient pas compte. 

Pour elle, un geste est sexuel ou non.  On continue chez les féminounes à voir la sexualité à travers le prisme religieux plutôt qu’avec des yeux plus scientifiques.

Il y a comme disait Freud des états de conscience liés au développement de la sexualité chez tout individu.  On ne perçoit pas la sexualité à 10 ans comme à 30 ans.  On ne la vit pas de la même façon.  Ce qu’on nous dit quand on parle d’hypersexualisation revient aux vieux interdits de mon enfance, à cette ignorance crasse que l’on maintenait par la censure. 

Oui, les jeunes sont plus exposés à la nudité comme ils le sont plus à la violence.  Quel est le pire ?  Oui. Ils savent mieux que nous, comment ça passe.  Sont-ils plus dépravés parce qu’ils sont mieux informés ou du moins ils devraient l’être ?  Est-ce en niant la sexualité des jeunes qu’on leur apprendra à être autonomes ?

Les personnes qui crient à l’hypersexualisation sont les mêmes qui criaient pour cacher les revues pornographiques (cacher les cigarettes) pour empêcher les jeunes de trouver une réponse aux questions qu’ils se posaient et étaient, comme être sexué, en droit de se poser.  Oui, c’est normal de vouloir fasciner l’autre par sa beauté.  Oui, c’est valorisant d’y arriver. 

Si l’industrie de la femme-objet existe, c’est qu’elle a une clientèle et ce n’est sûrement pas du côté des garçons.  On nous a fait passer de l’homme macho à l’homme rose ; de l’homme libre à l’homme coupable d’exister ; mais je connais peu de mâles qui rêvent d’être eunuques.  Il est temps qu’on reconnaisse qu’il est normal d’être sexué.  Il n’y a rien de mal à ça.  Il n’y a que les esprits tarés pour y voir une forme péché ou de mal.   

Dès que tu nais, tu as ta petite nature, ton orientation sexuelle, ta force de libido.  Tu l’as sans même le vouloir.  Elle est dans ta génétique.  T’es pris pour vivre avec.  Il faut donc apprendre à s’en servir positivement.  Le sexe ne se vit pas sans émotion.  Personne ne sait gérer ses émotions en naissant.  C’est aussi un long apprentissage.  L’important, c’est de devenir non seulement autonome, mais heureux.         

Je me souviens, avant de retourner à l’intérieur des murs, avoir eu une petite amie, féministe, qui voulait que j’ajoute dans les droits de la personne, le droit au bonheur.  J’y voyais un problème : aucune société ne peut garantir le bonheur à ses citoyens, car le bonheur est une réalité, une définition personnelle.  Le bonheur n’est pas le même pour tous. 

Cependant, je considère depuis que toute société démocratique doit s’efforcer de mettre en place tous les mécanismes qui permettront à l’individu de pouvoir évoluer dans la quête de son bien-être.  Quête quasi-impossible dans une société de consommation à outrance ou une société trop scrupuleuse. 

Par conséquent, une société évoluée permettra à ses jeunes, à travers un enseignement sain, de savoir comment fonctionnent leur corps.  Elle leur fournira toute l’information nécessaire pour faire des choix judicieux.

Au lieu de jouer aux scrupuleux, les responsables de l’éducation des jeunes devraient concevoir des outils (films, textes) d’information et de réflexion sexuelle.  Un jeune qui sait ne passera pas sa vie à regarder du porno alors qu’il comprend que cette approche de la sexualité manque de son élément principal : l’amour.  La porno déforme la réalité et fait croire que le geste suffit pour t’envoyer au ciel … d’ailleurs, c’est ce que les jeunes reprochent à la porno : déformer la réalité, la vérité et ainsi manquer de romantisme.

On ne fait que commencer à dire la vérité sur la sexualité des jeunes.  Ainsi, à ma grande surprise, on publiait dans la Tribune de Sherbrooke, le résultat d’un sondage fait auprès de jeunes d’East Angus.  On y confirmait ce que la majorité des gens pensent.        

Les filles prétendent avoir fait l’amour pour la première fois à 15 ans alors que pour les gars c’est 14 ans.  (Si on parlait de masturbation, ce serait un décalage encore plus grand et chez le garçon ce serait probablement autour de 11 ou 12 ans pour la première fois).  Ce qui correspond bien à la première éjaculation.   

Alors que les filles commencent plus vieilles à regarder des clips sexués parce qu’elles trouvent ça vite trop osé, les gars eux voudraient toujours en voir plus.  Si on pense à la publicité, on note que pour faire croire que c’est normal d’être hétéro, le bébé en couche a déjà sa petite amie. 

Avant 11-12 ans, le petit gars ne veut rien savoir des filles, car la sexualité est la dernière de ses préoccupations et les filles sont trop moumounes dans les jeux.  Les intérêts sont on ne peut plus divergents.  Les stéréotypes que les féministes condamnent tant sont ceux qu’elles et les hommes comme elles ont créés pour combattre l’homosexualité.  Il fallait asseoir le message de la normalité.  La raison d’exister de la publicité est de vendre, vendre n’importe quoi, mais vendre.        

On vient à peine de s’apercevoir que les jeunes sont sexués, car on nous a -par le silence- fait croire que c’était mal de l’être.  Mais, qu’on le veuille ou non, l’humain étant un animal sexué, il l’est de sa naissance à sa mort. 

Les gars ont toujours eu le bâton plus vite élevé parce qu’on ne commence pas au berceau à leur casser la tête avec la sexualité.  La fille n’a pas dix ans qu’elle doit croire qu’il faut absolument empêcher un homme d’y mettre la main sur une poitrine inexistante. Question d’apprendre jeune à ne pas se laisser tripoter.  Une fille sexuée est une guidoune, apprend-on aux jeunes filles. 

Le Québec est une société d’hypocrites, à cause de la religion dès qu’il est question de sexualité.  On joue aux scrupuleux pour passer pour normal.  

Dans cette enquête, on révèle que les gars sont allés voir du porno vers 10 ans alors que les filles parlent de 13-14 ans.  On pourrait se demander si l’éducation des filles, à cause de la surprotection, ne crée pas ce décalage horaire?  Alors qu’on essaie de nous faire croire que les pédophiles sont très dangereux sur internet, on apprend que très peu de jeunes ont eu des rencontres sexuelles à la suite de clavardage.  Ce n’est même pas dans les mœurs des jeunes.  Allo!  Allo! Réveillez-vous ! 

Pourquoi multiplier le nombre de policiers affectés à surveiller (ce devrait être les parents) les jeunes sur internet ?  N’y a-t-il pas des services de sécurité parentale qui existent?  Les jeunes sont curieux, mais ils ne sont pas fous.  Ils savent très bien qu’il existe des maniaques et que c’est une question de sécurité que de ne pas se fier à ce qu’ils voient ou entendent sur internet.  J’ai 65 ans et on a essayé de me piéger dans de la fraude ; alors imaginez si j’en avais 13 et une belle petite queue… pardon… ce sont les fillettes qui se font prendre… drôle de hasard. 

Serait-ce que les hétéros se contrôlent moins bien que les gais?  Pourtant, chez les gais, le «cruising» est bien spécial.  Il est loin d’être hypocrite… Tu passes plus souvent et plus vite la main sur ce qui te fascines, mais tu dois faire attention, car si l’autre n’aime pas ça, il peut t’arranger le portrait. 

Si les lois concernant le viol étaient strictement liées au droit de dire oui ou non, les procès seraient là pour protéger toutes les filles. Mais, la protection des jeunes permet la quête de meilleures subventions pour les mouvements qui croient que parce que t’as eu une expérience sexuelle, tu es nécessairement une victime.

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