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Radioactif 126

août 26, 2021

Radioactif 126

15 Septembre 2007

Daniel.

Durant l’été de l967, je suis tombé amoureux fou. 

C’était la première fois, à mon âge, que je rencontrais un garçon plus jeune que moi qui voulait vivre une expérience sexuelle avec moi, qui aimait ça et qui ne manifestait aucun remord d’être complètement nu dans mon lit alors que je me morfondais de scrupules. 

Ce fut un coup de foudre qui ne dura qu’un après-midi.  Il devait revenir me voir, mais il ne se manifesta pas. 

J’ai tout fait pour le retrouver.  Impossible.  Quand j’ai décidé de publier Hymne à l’amour, le vice, la révolte, je lui ai dédié les poèmes que j’avais écrits pour lui. 

J’étais convaincu que la police s’en mêlerait et qu’avant de me retrouver en dedans, je pourrais au moins le voir une autre fois puisqu’il serait obligé de venir témoigner contre moi.  Comment était-ce possible ?  Étais-je devenu masochiste? 

J’ai commencé à courir les psychologues et les psychothérapeutes qui prétendaient que c’était la faute de mes parents si j’étais émotivement aussi mal en point.  Ce que je ne crois pas. 

Mes parents étaient adorables et très bons.  Selon le système, si j’étais pédéraste, c’est que j’étais perverti.  C’était un peu de ma faute, car je n’avais pas le courage de me suicider, la seule solution qu’on nous offre, car, on ne peut rien y changer. 

C’est contre cette façon de voir les choses que j’ai décidé de me battre, même si je suis seul.  Était-ce complètement de ma faute si ça finit toujours en enfer avec les filles alors que je goûte les joies d’un séraphin devant son petit dieu quand je suis avec un garçon ? 

Nous vivons pour être heureux.

Ajout du jour :

L’orientation sexuelle n’a rien à voir à savoir si tu es soit  bon ou mauvais. Tu n’as un mot à dire sur ce qui t’attire et te fascine, sauf, que tu peux essayer de rendre « ce problème » le moins dommageable qui soit, tant que tu crois que les autres ont raison. C’est ce que j’ai essayé de définir dans mes écrits : la lime qu’il ne faut pas dépasser.

Au Québec, pour protéger les jeunes, on a créé la littérature de la jeunesse. Donc, en principe, dans la littérature pour adulte, tu devrais avoir le droit de tout dire ce que tu veux si tu n’appelles pas à la violence ou si tu ne t’attaque pas à un autre individu.

C’est ce que je proclame en publiant  « Un sourire arraché à l’enfer », qui est en vente chez Renaud-Bray. 

La pire chose qui pourrait m’arriver, c’est que je ne vende aucun livre et qu’il passe tout à fait inaperçu.  Je devrais alors conclure que ce que j’écris n’intéresse personne et ça me permettrait de prendre ma retraite de l’écriture. Mais, ce serait une fronde à mon orgueil.         

Quoiqu’à mon âge, il serait temps que je me contente de vivre, en attendant la mort.  Il y a bien d’autres choses à faire qu’à écrire. Mais, je sais que cela arrivera seulement quand j’aurai publié Le jeune espion et  Le temps des cauchemars.

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